Le samedi 14 novembre 2026, la Journée mondiale du diabète remettra les projecteurs sur une maladie qui progresse partout dans le monde. Pour la période 2024-2026, la Fédération internationale du diabète a placé cette journée sous le thème « Diabète et bien-être ». Au cabinet, c’est l’occasion idéale de rappeler une réalité que beaucoup de patients découvrent trop tard : le diabète se joue aussi, et parfois surtout, au niveau des pieds.
Plan de l'article
Pourquoi le diabète menace-t-il les pieds ? #
Avec les années, un diabète mal équilibré abîme les nerfs et les artères des membres inférieurs. La neuropathie diminue la sensibilité du pied : une ampoule, une fissure ou un ongle incarné ne font plus mal, et la blessure passe inaperçue. Dans le même temps, l’artériopathie réduit l’apport de sang, ce qui ralentit considérablement la cicatrisation. Une petite plaie banale chez une personne non diabétique peut alors se transformer en ulcère profond.
Les chiffres rappelés par la Haute Autorité de santé donnent la mesure du problème : en 2016, environ 26 700 patients diabétiques ont été hospitalisés pour une plaie du pied, et près de 8 500 pour une amputation. Des drames qui, dans une large proportion, auraient pu être évités par un suivi podologique régulier. Cet été encore, 60 Millions de consommateurs consacrait un article détaillé au pied diabétique, en rappelant l’importance des tests de sensibilité au monofilament réalisés par le praticien.
La gradation du risque : de 0 à 3 #
Pour organiser la prévention, les professionnels s’appuient sur une classification internationale du risque podologique, établie par le Groupe international de travail sur le pied diabétique et reprise par la HAS. Le grade 0 correspond à l’absence de neuropathie sensitive. Le grade 1 désigne une neuropathie sensitive isolée. Le grade 2 associe la neuropathie à une artériopathie des membres inférieurs ou à une déformation du pied. Le grade 3, enfin, concerne les patients ayant déjà présenté une ulcération ou subi une amputation.
Cette gradation n’est pas un simple exercice théorique : elle détermine le rythme de surveillance et la prise en charge. C’est le pédicure-podologue ou le médecin qui l’établit, lors d’un examen clinique complet des deux pieds.
Ce que rembourse l’Assurance maladie
Les séances de prévention réalisées par un pédicure-podologue conventionné sont prises en charge par l’Assurance maladie pour les patients classés en grade 2 et en grade 3. La HAS recommande par ailleurs d’étendre cette prise en charge dès le grade 1, un stade qui concernerait près de 600 000 patients en France selon les données de l’Assurance maladie citées dans son avis. Elle y préconise un rythme moyen d’une séance tous les six mois, chaque séance durant au minimum 30 à 45 minutes : la première sert de bilan-diagnostic, les suivantes assurent le suivi.
L’examen annuel, un réflexe à prendre dès maintenant #
Quel que soit le grade, la règle d’or reste la même : toute personne diabétique devrait faire examiner ses pieds au moins une fois par an par un professionnel, pédicure-podologue ou médecin traitant. Cet examen recherche la perte de sensibilité, les déformations, les zones d’hyperkératose, les troubles de la statique et l’état circulatoire. Les informations sont ensuite transmises au médecin traitant, qui ajuste le suivi global du diabète.
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La Journée mondiale du diabète est un excellent déclencheur pour prendre ce rendez-vous, surtout si le dernier bilan remonte à plus d’un an, ou si aucun bilan n’a jamais été fait depuis le diagnostic.
Les gestes quotidiens qui protègent
Entre deux rendez-vous, la prévention se joue à la maison. Inspecter ses pieds chaque jour, dessus, dessous et entre les orteils, au besoin avec un miroir. Les laver à l’eau tiède et bien les sécher, surtout entre les orteils. Hydrater la peau pour éviter les fissures, sans mettre de crème entre les orteils. Couper les ongles droit, ou confier cette tâche au podologue si la vue ou la souplesse font défaut.
Le choix des chaussures compte tout autant : des modèles fermés, souples, sans coutures intérieures agressives, portés avec des chaussettes sans élastique serré. Avant d’enfiler une chaussure, un passage de la main à l’intérieur permet de repérer un gravillon ou une couture décousue que le pied insensible ne signalera pas. Et jamais de marche pieds nus, même à la maison, même sur la plage.
Un signal d’alerte : consulter sans attendre #
Une rougeur qui persiste, une ampoule, une coupure qui ne cicatrise pas en quelques jours, une zone chaude ou un ongle qui change de couleur : chez une personne diabétique, ces signes imposent une consultation rapide. Attendre « que ça passe » est précisément ce qui transforme une lésion bénigne en plaie chronique.
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Le pied diabétique n’est pas une fatalité. Avec une gradation du risque bien établie, un suivi podologique adapté et quelques réflexes quotidiens, l’immense majorité des complications graves peut être évitée. Ce 14 novembre, offrez à vos pieds le bilan qu’ils méritent.




