Formation de pédicure-podologue : les inscriptions en première année progressent encore en 2025

Le métier de pédicure-podologue continue d’attirer. Selon les chiffres de la Drees, la direction statistique du ministère de la Santé, publiés le jeudi 29 octobre 2026 et relayés par franceinfo, le nombre d’inscrits en première année de formation de pédicurie-podologie a augmenté de 10,5 % en 2025. C’est l’une des plus fortes progressions parmi les formations paramédicales cette année.

Pour un cabinet de podologie, ce chiffre n’est pas qu’une statistique d’école. Il dit quelque chose de l’avenir de la profession, du nombre de praticiens qui s’installeront dans quelques années et de la façon dont ils seront formés.

Une hausse nette dans un ensemble paramédical presque stable #

Le contraste est frappant. Toutes formations confondues, les écoles paramédicales et de sages-femmes comptaient environ 92 900 inscrits en première année en 2025, soit une hausse de seulement 0,7 %, après +2,2 % en 2024. Le nombre de diplômés atteint 67 200, en progression de 0,5 % sur un an. Au total, quelque 180 000 étudiants suivent ces cursus, dont plus de 100 000 futurs infirmiers.

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Dans ce paysage presque immobile, la podologie se détache. Elle devance les préparateurs en pharmacie hospitalière (+10,2 %) et les manipulateurs en électroradiologie (+7,9 %). À l’inverse, d’autres filières reculent en première année, comme la kinésithérapie, les ambulanciers ou les aides-soignants, d’après le même article.

Une dynamique qui ne date pas de cette année

La hausse de 2025 prolonge celle de l’année précédente. Dans sa publication du 31 octobre 2025 consacrée aux formations aux professions de santé non médicales en 2024, la Drees notait déjà que les effectifs d’inscrits en première année de pédicurie-podologie avaient bondi de 17 % en un an. Le nombre de diplômés de la filière progressait alors de 7 %, l’une des plus fortes hausses parmi l’ensemble des formations, alors même que le nombre d’écoles dispensant ce cursus restait identique à celui de 2023.

Deux années de suite, la podologie fait donc partie des filières qui gagnent le plus d’étudiants. Comme les écoles ne se multiplient pas au même rythme, ce sont les promotions existantes qui grossissent.

Le grade de licence, un argument pour les nouveaux étudiants #

Ce regain d’intérêt coïncide avec une réforme attendue de longue date par la profession. Le décret n° 2025-839 du 22 août 2025, paru au Journal officiel du 24 août, attribue le grade de licence aux titulaires du diplôme d’État de pédicure-podologue, comme le détaille L’Officiel des métiers.

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La mesure concerne les étudiants entrés en formation à partir de la rentrée de septembre 2025, c’est-à-dire précisément la promotion dont la Drees vient de mesurer la hausse. L’attribution officielle du grade sera effective à la fin de l’année universitaire 2027-2028, à l’issue de leur cursus de trois ans.

Concrètement, ce grade ouvre une porte qui restait fermée : les futurs diplômés pourront s’inscrire en master, voire en doctorat. Pour une discipline où la recherche, la prise en charge du pied diabétique ou de la biomécanique de la marche demandent des compétences de plus en plus pointues, c’est une reconnaissance importante.

Un premier palier, pas un aboutissement

Il faut toutefois rester prudent dans la lecture de ces chiffres. Une hausse des inscriptions ne se traduit pas mécaniquement par davantage de praticiens sur le terrain. La formation dure trois ans, une partie des étudiants interrompt son parcours (la Drees évalue le taux d’interruption en première année à 11 % toutes filières confondues), et la répartition géographique des nouvelles installations reste une autre question.

Ce que cela change pour les patients #

À court terme, rien ne bouge en cabinet : les étudiants entrés en 2025 ne seront pas diplômés avant la fin de l’année universitaire 2027-2028. En revanche, la tendance est encourageante pour l’accès aux soins du pied dans les années à venir, notamment pour les publics qui en ont le plus besoin : personnes diabétiques, seniors, sportifs ou patients souffrant de douleurs chroniques à la marche.

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Des promotions plus nombreuses et mieux formées, c’est aussi la perspective de praticiens davantage tournés vers la prévention, l’analyse de la posture et le suivi au long cours. Le pédicure-podologue n’est pas seulement celui qui soigne un cor ou un ongle incarné : il dépiste, conseille sur le chaussage, conçoit des orthèses plantaires et travaille de plus en plus en lien avec les médecins et les kinésithérapeutes.

En attendant, ne pas différer une consultation

Ces bonnes nouvelles pour la profession ne doivent pas faire oublier l’essentiel au quotidien. Une douleur persistante sous le pied, une plaie qui cicatrise mal, un ongle qui s’infecte ou une déformation qui s’accentue justifient de consulter sans attendre, surtout en cas de diabète ou de troubles circulatoires. Avec l’arrivée du froid et des chaussures d’hiver plus fermées, c’est aussi le bon moment pour faire le point sur l’état de ses pieds.

La hausse des vocations est une bonne nouvelle pour une profession longtemps restée discrète. Reste à voir si elle se confirmera dans les prochaines publications de la Drees, et si ces nouveaux praticiens s’installeront là où les patients les attendent.

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