Journée mondiale du diabète : agir tôt pour protéger ses pieds

Le 14 novembre, la Journée mondiale du diabète aura pour thème « Agir tôt contre le diabète » (Early action on diabetes). L’Organisation mondiale de la santé et la Fédération internationale du diabète veulent mettre l’accent sur un diagnostic plus précoce et sur l’accès aux soins. Au cabinet de pédicurie-podologie, « agir tôt » a un sens très concret : repérer le pied à risque avant qu’une plaie n’apparaisse.

Plus de quatre diabètes sur dix ne sont pas diagnostiqués #

Selon l’OMS, plus de 40 % des personnes qui vivent avec un diabète dans le monde ne sont pas diagnostiquées. Les signes qui doivent alerter sont la soif accrue, l’envie fréquente d’uriner, la fatigue et la vision floue. Le diabète de type 2 s’installe souvent lentement et peut ne donner presque aucun symptôme pendant des années. Les États membres de l’OMS se sont fixé pour objectif que 80 % des personnes diabétiques soient diagnostiquées d’ici 2030.

Ce retard de diagnostic compte aussi pour les pieds. Avec le temps, un diabète mal équilibré peut abîmer les nerfs et diminuer la sensibilité : une ampoule, une coupure ou un frottement de chaussure passent alors inaperçus. C’est pour cette raison que les recommandations françaises demandent d’examiner les pieds dès le diagnostic.

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La gradation du risque podologique, point de départ du suivi #

En juin 2025, la Haute Autorité de santé a validé une fiche de parcours sur la prévention du pied à risque chez l’adulte diabétique de type 2. Elle repose sur une gradation du risque faite au moment du diagnostic, puis renouvelée chaque année. La fiche ajoute un examen des pieds à chaque consultation et des conseils d’hygiène quotidienne.

Le risque est classé en quatre grades :

Grade 0

Aucun surrisque d’ulcère : pas de perte de sensibilité ni d’artériopathie des membres inférieurs. Le pied est examiné une fois par an, et l’on vérifie que les chaussures conviennent à sa forme.

Grade 1

Risque faible, avec une perte de sensibilité ou une artériopathie. Le suivi se fait tous les 6 à 12 mois et le patient apprend les gestes d’autoprotection. Selon la HAS, les soins préventifs chez le pédicure-podologue ne sont pas remboursés à ce stade.

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Grade 2

Risque modéré, lorsque deux de ces éléments s’associent : perte de sensibilité, artériopathie, déformation du pied. La HAS recommande 5 à 8 séances de soins préventifs par an, alors que l’Assurance maladie en rembourse au maximum 5, selon la même fiche.

Grade 3

Risque élevé, par exemple après un ulcère, une amputation ou en cas d’insuffisance rénale au stade terminal. La HAS recommande 8 à 12 séances par an. Le remboursement est plafonné à 6 séances, ou 8 en présence d’une plaie, et un chaussage thérapeutique est systématique.

Un point est souvent méconnu : le pédicure-podologue peut faire lui-même cette gradation, sans prescription médicale. Si le patient relève d’un grade 2 ou 3, il peut aussi prescrire les soins de prévention adaptés.

L’hiver, saison des faux bons réflexes #

Avec le froid qui s’installe, certains gestes de confort deviennent dangereux pour un pied qui a perdu de sa sensibilité. La fiche HAS est explicite : il ne faut pas réchauffer ses pieds avec un radiateur ou une bouillotte. Quand on ne sent plus correctement la chaleur, on peut se brûler sans s’en rendre compte. Le même principe vaut pour les pantoufles à semelle fine et la marche en chaussettes sur un carrelage froid. Mieux vaut des chaussons fermés à semelle antidérapante.

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Les autres conseils de la HAS sont simples. Il faut inspecter chaque jour toute la surface des pieds, entre les orteils compris, et l’intérieur des chaussures avant de les enfiler. Les pieds se lavent à une eau inférieure à 37 °C et se sèchent soigneusement entre les orteils. La peau sèche s’hydrate avec un émollient, sauf entre les orteils. Les ongles se coupent droits, une lime en carton pouvant aider. On porte progressivement des chaussures neuves et des chaussettes sans coutures, pas trop serrées.

La HAS met aussi en garde contre les produits vendus pour se débarrasser seul des cors et des durillons : coricides chimiques, pansements, râpes métalliques. Sur un pied diabétique, ces gestes peuvent créer la plaie que l’on cherche justement à éviter. C’est précisément le travail du pédicure-podologue.

Profiter du 14 novembre pour faire le point #

La Journée mondiale du diabète est une bonne occasion de se poser quelques questions. Mes pieds ont-ils été examinés cette année ? Mon grade de risque est-il connu et noté dans mon dossier ? Mes chaussures sont-elles adaptées à la forme de mes pieds ? Pour les proches d’une personne âgée diabétique, c’est aussi le moment de vérifier qu’une aide à l’hygiène des pieds est en place si elle ne peut plus les voir ou les atteindre.

Toute plaie, rougeur, changement de couleur ou gonflement d’un pied chez une personne diabétique doit être montré rapidement au médecin traitant ou au podologue. Agir tôt, c’est le message de cette année, et c’est aussi le meilleur moyen d’éviter les complications du pied diabétique.

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