Pied diabétique et semelles : ce que révèlent les réclamations de patients contre les podologues en 2025

Chaque année, l’assureur des professionnels de santé MACSF publie le bilan des incidents que lui déclarent ses sociétaires. Le volet consacré aux pédicures-podologues pour l’année 2025 a été mis en ligne le 22 septembre 2026. Il ne parle pas de chiffres d’affaires ni de tarifs : il raconte ce qui se passe quand un soin du pied tourne mal, et pour quels patients. Une lecture utile pour tous ceux qui consultent, surtout les personnes diabétiques.

Un nombre de réclamations faible, mais en légère hausse #

Selon le bilan MACSF du risque des pédicures-podologues en 2025, l’assureur couvrait 7 958 pédicures-podologues, tous modes d’exercice confondus. Il a reçu 21 déclarations de dommage corporel, soit une sinistralité de 0,26 %, contre 0,24 % l’année précédente.

Ces 21 dossiers se répartissent ainsi : 14 réclamations amiables, 5 procédures devant l’Ordre, 1 procédure civile et 1 saisine d’une commission de conciliation et d’indemnisation (CCI). Autrement dit, la grande majorité des patients mécontents commencent par écrire au praticien ou à son assureur, sans aller devant un juge.

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Les semelles orthopédiques, première source d’insatisfaction #

Parmi les cas détaillés par la MACSF, plusieurs concernent des semelles orthopédiques : un patient insatisfait après leur fabrication, un autre toujours mécontent malgré plusieurs retouches. Ce ne sont pas des accidents graves, mais ils montrent qu’une paire de semelles est un dispositif sur mesure qui demande parfois plusieurs ajustements.

Pour le patient, le bon réflexe est de revenir vers le podologue dès que la gêne persiste, plutôt que de renoncer à porter les semelles. Le praticien doit pouvoir expliquer ce qu’il a corrigé, et pourquoi. Notez aussi dans un carnet ce que vous ressentez au fil des jours : douleur, frottement, zone d’appui. Ces détails rendent l’ajustement beaucoup plus précis.

Le pied diabétique, là où se concentrent les cas graves #

Les dossiers les plus lourds du bilan ont un point commun : des patients diabétiques ou atteints d’une maladie des artères. La MACSF cite une amputation au-dessous du genou après des soins de pédicurie chez un patient diabétique, une amputation au-dessus du milieu de la cuisse chez un patient polyvasculaire, une plaie difficile à cicatriser qui a finalement bien évolué, et le décès, plusieurs semaines après des soins, d’un patient diabétique fragile porteur d’un mal perforant plantaire. Dans ce dernier cas, le podologue était l’un des professionnels mis en cause.

Ces cas ne signifient pas que le soin est dangereux en soi. Ils rappellent que chez une personne diabétique, une petite plaie du pied peut s’aggraver vite, parce que la sensibilité et la circulation sont diminuées.

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Une sanction qui rappelle les obligations du praticien

En juillet 2026, la MACSF a aussi commenté une décision de la chambre disciplinaire de l’Ordre des pédicures-podologues du 1er juillet 2025. Un praticien n’avait pas évalué lui-même le grade de risque podologique de son patient diabétique, et n’avait pas prévenu le médecin traitant quand une lésion était apparue sur le cinquième orteil. Sanction : trois mois d’interdiction d’exercer, dont deux avec sursis, et deux formations obligatoires.

La décision rappelle plusieurs principes. Tous les patients diabétiques « doivent bénéficier d’un examen annuel des pieds ». Toute plaie du pied diabétique « doit être signalée au médecin traitant » et être « évaluée par une équipe spécialisée dans les 24 à 48 heures ». Le praticien doit enfin délivrer « une information claire, loyale et adaptée à l’état de santé du patient ».

Ce que le patient peut en retenir #

Si vous êtes diabétique, ces règles sont aussi les vôtres. Lors de la première consultation, le podologue doit évaluer votre niveau de risque. N’hésitez pas à lui demander quel grade il vous attribue et ce que cela change pour votre suivi.

Si une plaie, une rougeur ou une ampoule apparaît, même minime, signalez-la sans attendre : à votre podologue, à votre médecin traitant, ou aux deux. Le délai de 24 à 48 heures cité par l’Ordre n’est pas un détail administratif, c’est ce qui permet d’éviter les complications décrites plus haut.

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Gardez enfin une trace de vos soins : ordonnances, comptes rendus, dates des séances. Le bilan MACSF montre que les litiges se règlent le plus souvent à l’amiable, et un dossier complet facilite toujours l’échange avec le praticien.

Des chiffres à lire avec prudence #

Ce bilan ne couvre que les sociétaires d’un seul assureur, et seulement les incidents qui lui ont été déclarés. Il ne mesure donc pas la qualité des soins de toute la profession. Il a surtout le mérite de montrer, cas par cas, où se situent les situations à risque : les semelles qui ne conviennent pas, et surtout les pieds fragiles des personnes diabétiques ou souffrant d’artérite.

En cas de doute sur un soin reçu, le premier interlocuteur reste le praticien lui-même, puis votre médecin traitant. Ni le bilan de l’assureur ni cet article ne remplacent un avis médical sur votre situation.

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